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Suite de notre présentation de l’élection présidentielle américaine, avec le deuxième volet consacre aux partis politiques, à leur philosophie, et à leur positionnement.
Consacre également à l’étude de l’échiquier politique américain avec ses différents électorats, et ses différents courants de pensée.
Ce serait sans aucun doute injurieux de vous rappelez qu’il y a deux grands partis aux Etats-Unis, le Parti Républicain et le Parti Démocrate.
Et quand même quelques autres, plutôt dans le genre confidentiel.
Il y a par exemple, il faut le savoir un Parti Communiste.
Si si c’est vrai.
Son existence est plus symbolique qu’autre chose, mais il existe toujours.
Quand on sait que le Parti Communiste français à du mal à se faire payer ses frais de campagne et a dépasser 3 %, cela vous donne une idée du fonds électoral du Parti Communiste aux US.
C’est 3% avec beaucoup de zéro devant et après la virgule.
Un peu plus sérieux est le Libertarian Party qui est une émanation des années hippies et qui défend comme son nom le suggère toutes les libertés.
L’homosexualité, les drogues. Et pourquoi pas la zoophilie avec les chèvres ou le sado-masochisme si c’est votre truc.
En gros, il est interdit d’interdire.
Ce parti en tant que tel est minuscule, mais le message qu’il véhicule ne l’est pas tant que cela.
Ces deux partis se sont petit a petit fondus dans le Parti Démocrate et ont désormais une existence politique tout a fait négligeable.
Il existe aussi le Green Party dont le leader le plus connu est Ralph Nader.
Et enfin The Reform Party, qui a eu son heure de gloire dans les années 90 grâce a son fondateur Ross Perot deux fois candidat a la Présidentielle.
Ce parti plutôt intéressant dans ses idées a eu du mal a survivre a la disparition de son fondateur , même si il a la sympathie de beaucoup de gens, du monde des affaires comme Donald Trump ou Warren Buffet et qu’il. fait l’objet d’une tentative de reprise et de dynamisation de la part de Pat Buchanan, type assez brillant pour ceux d’entre vous qui connaisse la télévision américaine.
Ses analyses sont appréciées car il n’a pas la langue dans sa poche et il est très polémique.
Il a en outre défraye la chronique en 2000 puisque c’est son nom que 3500 personnes ont « punche » en Floride alors que recrutes et transportes par le Parti Démocrate, ils étaient supposes puncher le nom de Gore…
Un problème de lecture sans doute…..et d’alcool disent les mauvaises langues…
Vous avez cependant compris que ces petits partis n’existent guère, même si de temps en temps la personnalité du leader du moment les mets un peu au devant de la scène.
Fondamentalement, système des primaires oblige, les deux grands partis avalent tout.
Pour autant, ceux-ci rassemblent des militants ou des responsables représentatifs de tout l’échiquier politique et de tous les courants de pensée.
Le label Républicain ou Démocrate peut couvrir des choses bien différentes.
Il y a en quelque sorte des tendances ou des courants.
Ce qui est bien normal.
Comme dans tous les partis du monde.
Ces courants ne sont cependant pas formalises.
Pas officiellement en tout cas. Mais ils sont bien réels au niveau des idées.
Ils ont leurs leaders qui défendent au sein du parti telle ou telle sensibilité, même si au final de la campagne, la discipline du parti reste très forte et la solidarité exemplaire.
Qui n’a pas vu l’enthousiasme délirant du Congres qui désigne le candidat officiel.
C’est assez sincère.
Même si il existe une certaine amertume chez les perdants, il la dissimule plutôt bien.
C’est d’ailleurs pour cela qu’ils sont faits ces Congres.
Laissons derrière nous nos divergences et redevenons unis.
Ici aux US, ça marche.
En tout cas ce que l’on peut dire c’est que toutes les tendances ou les sensibilités politiques américaines de l’extrême droite à l’extrême gauche existent , mais pas en tant que telles, elles existent simplement à l’intérieur des partis.
D’ailleurs, il faut noter que si pendant la campagne électorale, les sensibilités sont parfois gommées, et que la discipline joue a plein, après en revanche les élus conservent une liberté totale de vote.
Il n’y a pas un vote Républicain ou Démocrate monolithique au Sénat.
En fonction de leur Etat, de leur électorat, les élus votent de façon totalement personnelle.
Vous ne verrez jamais à 1 h du matin une dizaine de « réquisitionnes » pousser les boutons pour leurs copains.
Non seulement c’est interdit, mais en plus c’est contraire à l’esprit politique américain.
Les Pères Fondateurs de la Constitution se méfiaient beaucoup des partis qui ne sont apparus que progressivement pour des raisons économiques, par conséquent la discipline de Parti au niveau du vote n’existe pas.
Cela vous explique par exemple pourquoi des majorités politiques très courtes, comme c’est le cas en ce moment, ne garantissent en rien au président un soutien sans faille du Parlement, pas plus qu’elle lui garantisse une opposition systématique.
Cela vous explique aussi pourquoi les candidats aux plus hautes responsabilités sont comptables de leur vote au Parlement.
John Kerry était systématiquement en porte à faux en 2002, car tous les textes ou projets qu’il avait votes par le passe étaient en contradiction avec les idées qu’il défendait pendant la campagne.
Avouez qu’on rigolerait bien en France si la presse avait ce genre de démarche…
D’une façon générale, vous ne serez pas surpris de lire que le fonctionnement parlementaire ressemble étrangement a celui dont nous rêvons (voir les Institutions Politiques..) et que le (a) futur(e) Président en France nous promet qu’il va mettre en œuvre.…..

Cela étant dit quelles sont les caractéristiques et les grandes différences entre les partis aux USA ?
Tout dépend si on parle politique ou idéologie.
En ce moment tout est prétexte a divergence.C'est de la politique.
L’Irak bien sur. Alors que les démocrates on presque tous vote pour la guerre.
Aujourd’hui, ils prétendent avoir été trompes.
Les retraites que Bush a pourtant courageusement reformées, l’assurance maladie pour laquelle il a pourtant mis en place une couverture allant au delà de ce que demandaient les démocrates a l’époque, ou la situation économique avec 3,5 % de croissance n’y font rien.
C’est sans doute de bonne guerre. Un Président affaibli est une cible idéale pour son opposition. Partout.
Autrement dit la politique politicienne dans ce qu’elle a de plus détestable, n’est pas absente de la vie politique américaine.
Reste qu’il y a un point majeur sur lequel les deux grands partis politiques sont d’accord : c’est l’économie.
Personne ne remet en cause le système économique dans lequel le pays vit.
Seule l’extrême gauche le fait.
Si si, elle existe ici aussi.
Puisqu’on y est, qui sont ces gens la ?
Des intellectuels survivants de la philosophie hippie, des profs d’université, des étudiants a vie qui ont décroche leur doctorat a 36 ans, quelques journalistes et aussi ce que l’on appelle ici Hollywood.
Ou 95 % des stars en tous cas.
On ne sait pas très bien si c’est l’excès de coke, ou la mauvaise conscience de gagner autant d’argent, toujours est-il que ces people d’Hollywood sont assez radicaux et prônent pour certains d’entre eux une remise en cause majeure du système, et des valeurs du pays.
Le plus connus et aussi les plus radicaux sont Barbara Streisand, Georges Clooney, Alec Baldwin ou Sean Penn.
Plus quelques chanteurs et acteurs de second plan qui sont généralement très appréciés en France et présentes en Gaule comme des « stars internationales » ce qui est quelque peu exagéré….
Le plus connu de tous est sans doute Michael Moore invite permanent d’Ardisson, Fogiel et compagnie, et qui est déteste aux Etas-Unis par 90 % des Américains
10 % de l’opinion publique étant sans doute ce que représentent tous ensemble tous les adeptes de ce courant de pensée.
C’est une estimation personnelle scientifiquement discutable et supérieure à l’estimation que font les américains eux-mêmes, mais c’est mon sentiment.
Les fidèles de cette idéologie étant géographiquement concentrés sur New York, San Francisco et Los Angeles, quasi uniquement.
Hormis cette frange très minoritaire de l’opinion, personne ne remet en cause le système économique.
Des débats comme les nationalisations, les privatisations, la gestion des entreprises publiques sont totalement étrangers au débat politique.
Les entreprises publiques, de toute façon, c’est simple, il n’y en a pas…
Chacun sait que le pays est en plein développement, a 4 % de croissance, apaise a 3 % et a feu et a sang a 2 %.
En 2006 il a été de 3.6%, personne n’en donne crédit a Bush.
Des taux de croissance à la française sont hors de l’imagination.
Alors les divergences ?
Le premier point idéologique de divergence entre les deux grands partis est la répartition de la richesse.
De la vraie richesse.
Celle crée par la croissance pas par le déficit budgétaire.une distribution
Les démocrates étant évidemment favorables a  une distribution large et sur les bas revenus, les républicains sur les agents économiques créateurs de richesse et d’emplois.
Une parenthèse pour tordre le cou a une image d’Epinal ou plutôt de la Rue Solferino….
Le tissu économique américain est très loin des cliches véhicules en France.
Derrière les gigantesques groupes internationaux connus du Dow Jones et les multinationales internationales, se cachent des millions de « small business » qui font la réalité de l’économie américaine.
Les deux grands partis ont compris depuis longtemps que la richesse, la vraie, celle du pouvoir d’achat pour les citoyens de l’intérieur était la.
La fiscalité est donc modérée pour les entreprises, les charges sociales patronales faibles (20 a 25%), les règles administratives de tous ordres extrêmement simplifiées et peu contraignantes.
La législation du travail provoquerait sans doute des attaques cardiaques a répétition a la CGT ou a François Hollande.
Les entreprises recrutent comme elles veulent, quand elles veulent. Les travailleurs travaillent quand ils le souhaitent, comme ils le souhaitent, la nuit, le dimanche, 35 ou 70 heures par semaine, c’est leur liberté. !
Et ils quittent leur emploi en 8 jours voire moins, s’ils le souhaitent.
Je sais ça fait rêver ….
Pourtant aux Etats Unis ce sont les entreprises qui limitent le nombre d’heures hebdomadaires travaillées.
Les employés sont toujours partants pour les heures supplémentaires. Pour des raisons économiques les entreprises les limitent.
Voilà le système qui n’est remis en cause par personne.
Avouez que cela facilite le débat politique.
L’affrontement porte donc sur des points techniques, sur les bonnes ou mauvaises décisions à prendre sans affrontement sectaire ou idéologique.
Alors évidemment ça aide.
Pour en revenir à l’étude de l’échiquier politique américain, à l’opposé de l’extrême gauche radicale figure bien entendu son contraire de droite.
Evidemment pas qualifie ici d’extrême droite comme on le fait en France, mais cela y ressemble quand même beaucoup.
Ce sont les américains que je qualifierais d’anti Washington.
Il ne faut pas oublier que les Etats Unis sont une République Fédérale.
Washington pour la Floride ou le Montana, c’est Bruxelles pour la France.
Les Etats gardent une autonomie considérable dans leurs décisions (surtout budgétaires).
Les impôts sont scrupuleusement repartis entre l’Etat (tous les impôts locaux TVA comprise) et le gouvernement fédéral (tous les impôts sur le revenu).
Ces anti Washington considèrent que chaque dollar paye au gouvernement fédéral est un dollar de trop.
Car il sert à payer des « fainéants » travaillant pour le gouvernement (les fonctionnaires) des dépenses militaires énormes, et les politiciens de Washington qui ne s’occupent pas d’eux.
Entre nous soit dit, ce n’est pas toujours dénué d’un soupçon d’exactitude….
Au risque de schématiser de nouveau, c’est l’Amérique profonde, parfois très profonde. Celle des red- necks, celle des films ou le mec en panne de voiture au milieu d’une route toute droite se retrouve à rentrer dans un bar avec des clients à faire peur, pour demander où est la prochaine station essence….
Ces gens la sont en outre farouchement opposes a l’immigration, en particulier clandestine.
Peu de gens pensent qu’il dépasse 5 %, je n’ai pas de chiffre à opposer mais j’aurais tendance à dire plus.Sans doute 10%.
Hormis ces électorats très caractéristiques il est difficile d’affiner plus précisément l’étude « électorale » de l’Amérique.
Pour les raisons indiques plus haut, il n’y a pas de sondage tels que ceux pour le 1er tour en France par exemple.
Qui permettent de quantifier les différents courants de pensée.
Les sondages sont effectués sur des points ponctuels : l’avortement, l’immigration, la peine de mort, les retraites, la guerre en Irak, l’économie….
Mais tous ces thèmes transgressent largement les partis.
Il y a des défenseurs de la liberté de grossesse (pro choice) dans tous les partis.
De même pour la guerre en Irak.
En 2004, 60 % des Américains étaient contre la guerre en Irak ce qui n’a pas empêche Georges W. Bush d’être réélu avec… 52 % des voix.
Pourtant la sociologie et d’une façon générale les problèmes de société, restent le véritable, si ce n’est le seul point de divergence entre les partis et entre leur électorat.
Si on élimine les extrêmes dont on vient de parler, on arrive à un gros 80 % de la population.
Pour ces gens la, des « américains moyens », la politique c’est faire un choix entre deux visions de leur pays.
C’est ce que l’on appelle généralement le débat sur les valeurs morales de l’Amérique.
Et c’est la que se produisent les affrontements les plus nets.
Avortement, valeurs morales traditionnelles, présence ou non de la religion, homosexualité, rôle de l’Amérique dans le monde.
Tels sont les thèmes.
N’oubliez pas que le quasi totalité des problèmes quotidiens se règle au niveau local. Donc au niveau national il n’y a guère que ces points la qui fassent débat.
Si l’on évacue les extrêmes, le débat droite / gauche concerne donc 80 % des gens.
En comprenant bien et c’est une spécificité américaine que tous ces sujets transgressent très souvent la ligne de démarcation théorique entre les partis.

Par exemple un groupe électoral puissant est celui des conservateurs religieux.
Non pas qu’ils souhaitent conserver la religion…..quoique, ce soit plutôt que leurs convictions religieuses les amènent à être conservateurs.
Georges W. Bush est généralement présente et bien sur caricature en France, comme le leader de ce courant d’opinion.
Ce sont des gens de part leur conviction religieuses très attaches aux valeurs morales profondes de l’Amérique.
La famille l’honnêteté, le travail, l’effort, la patrie.
Et très oppose au libéralisme intellectuel a la mode a Hollywood (drogue, homosexualité, mariage gay etc.…)
Au risque d’être schématique (on l’est toujours en allant vite dans la présentation) ce sont des gens issus de la middle class Américaine.
Qui tout en étant religieux et conservateur ne sont pas tous républicains. C’est le cas de l’électorat noir par exemple a 80 % démocrate.
Et c’est la ou les choses se compliquent.
Certains de mes amis démocrates seraient fous de rage, si ils lisaient qu’ils ne sont pas attaches à l’Amérique, à son rôle dans le monde, à la famille, au travail où a l’effort.
Car ce n’est évidemment pas le cas.
Tout le débat porte sur le degré de tolérance (libéralisme) que la société doit accepter dans l’évolution par rapport a ces valeurs.
A quel niveau de tolérance commence la décadence ?
Vaste et belle question que se posent sans doute parfois trop fort les Américains par opposition aux européens en général, et aux français en particulier, qui ne se la sont sans doute pas assez posée…..
Ces deux courants d’opinion se repartissent a peu a 40 % de chaque cote.
Avec probablement 30 % des votes ancres fortement démocrates et 30 % ancres républicains.
Au milieu 20 % d’indépendants qui au gré des leaders ou de l’évolution de l’opinion font basculer une majorité dans un sens ou dans l’autre par delà un partage global a 50/50.
Une situation qui tout d’un coup devient tout a fait conforme a n’importe quelle démocratie……

Nous espérons vous avoir permis de mieux vous imprégner de la vie politique américaine avec cette photographie rapide et nous parlerons prochainement des medias (vaste sujet) et surtout des candidats avec leurs chances possibles.
A bientôt donc pour la suite……
Par Patrick Gouverneur
Samedi 3 février 2007 6 03 /02 /Fév /2007 01:13

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Fort interessant. Ce sera une des mesures dont il sera interessant d’observer le suivi……




 

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