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| Février 2012 | ||||||||||
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Ca n’est certainement pas nous qui allons nous plaindre des derniers développements de « l’affaire UIMM ».
On sentait bien depuis le début que cette affaire jusque la traitée avec bien peu d’enthousiasme, était une affaire qui pourrait devenir « d’Etat ».
Et c’était d’ailleurs bien la raison de notre agacement sur le sujet.
Laurence Parisot s’est enfin décidée à bouger et à ne pas regarder seulement « ses bras tomber » mais à taper du poing sur la table.
Son embarras était d’abord face à un problème qui semblait la dépasser.
Et aussi par le fait, nous l’avons rappelle ici, qu’elle n’est pas la patronne de l’UIMM et que du coup son pouvoir d’intervention était somme toute limité, on est en train de le vérifier.
Embarras ensuite face a manifestement des méthodes et des usages d’un autre âge qu’elle a semble comme beaucoup, découvrir.
20millions en 5 ans qui se baladent en espèce « pour fluidifier les relations sociales » il ne faut pas être un grand expert des affaires politiques pour imaginer que ca sent la grosse magouille….
Ces « malheureux » 20 millions ne sont que les intérêts d’une gigantesque caisse noire constituée au fil du temps.
Chiffre reconnu par Denis Gautier-Sauvagnac et vérifié par les enquêteurs.
400 millions d’euros qui ne figurent pas dans les comptes de l’UIMM et dont apparemment les membres du Conseil d’Administration de cette instance ne soupçonnaient même pas l’existence.
On nage en plein délire façon trésor des Templiers……...
Alors il est clair que Laurence Parisot avançait à pas très feutres sur le dossier car les enjeux sont en fait énormes, a fortiori si on va vers le grand déballage.
Enjeux bien évidemment politiques.
Nous ne saurons jamais comment et par qui cette caisse noire a été constituée.
Il y a manifestement abus de biens sociaux pour les entreprises et leurs dirigeants qui ont « contribue » à sa constitution.
Mais ils sont au mieux en retraite et probablement même décédés pour la plupart ……et les faits datent des années 70/80, il y a donc prescription depuis longtemps
Cote UIMM, « l’oubli » dans les comptes n’est pas très qualifiable juridiquement, puisque nous l’avons vu l’organisation n’a pas l’obligation de présenter des comptes encore moins certifies.
Nous ne saurons donc jamais officiellement ce qui est un secret de polichinelle, a savoir que l’UIMM était a cette époque le plus contributeur des campagnes électorales Présidentielles comme Législatives.
Cela a été quasiment reconnu par certains, et dénoncés de multiples fois dans différents bouquins.
Reste les 20millions pour lesquels il n’y a pas prescription, puisqu’on ne parle que des 5 dernières années.
Je vous prends le pari que l’on ne saura pas grand chose quant aux bénéficiaires.
Il faudrait qu’il se sente comme nous l’avons dit, lâché par l’UIMM , et surtout par ses pairs, et qu’il refuse alors d’être le bouc émissaire qui va payer le redressement fiscal pour qu’il retrouve tout d’un coup la mémoire.
Et dans ce cas la il devient corrupteur ce qui n'est pas terrible non plus……on en conviendra
Et même si, l’UIMM ne couvre pas « les conséquences financières éventuelles », car elle a décidé de revenir sur les termes du fameux « parachute dore », je suis sur que d’autres le feront.
D’ailleurs la relative « discrétion » des politiques sur l’affaire est à nos yeux significative.
Les parlementaires de droite n’ont pas grand chose à dire…. et ceux de gauche font le service minimum.
François Fillon que l’on a déjà connu beaucoup plus incisif dans ses propos, suggère « de laisser faire la justice » langue de bois bien connue, et Nicolas Sarkozy pourtant prompt a donner son opinion sur tous les sujets, n’a pas encore daigne nous faire connaître la sienne.
Il a été plus rapide sur la démission « souhaitable » de Bouton de la Présidence de la Société Générale…….
Peut-être ne souhaite-t-il pas qu’on lui demande trop pourquoi en tant que Ministre des Finances il n’a pas donne suite aux avertissements de TRACFIN sur les retraits en espèce de DGS à la BNP?
Bref, tous autant qu’ils sont, ils ne sont pas extraordinairement médiatiques sur le sujet.
Avec l’esprit mal tourne qui nous caractérise (auquel s’ajoute quelques expériences personnelles avec l’UIMM …) tout cela est révélateur d’une conspiration du silence.
Et tout cela, Laurence Parisot le sait depuis le début et cela explique sa prudence et ses hésitations.
Peut être était elle sur la même longueur d’ondes que Bon Appétit Messieurs qui affirme depuis le début que la piste syndicale n’est sans doute pas la seule………
Cote syndicats des salariés, ce n’est pas mieux.
A part la CFDT et François Chereque, le cœur des vierges n’est pas plus effarouche que cela…..
Comme par hasard, seule la CFDT publie des comptes certifiés depuis plusieurs années….
Et comme par hasard, on sent bien que Chereque est le seul très à l’aise sur le dossier.
Il faut dire que la CFDT n’a pas besoin d’être « achetée » pour faire avancer le dialogue social , elle l’a prouve.
La CGT que l’on a connue nettement plus pugnace sur d’autres dossiers n’en fait pas des tonnes.
Elle a déjà réussi à étouffer ou presque le scandale du Comite d’Entreprise de l’EDF ; c’est déjà pas mal….
F.O se souvient sans doute qu’a l’époque des « fluidifications » son Secrétaire General était « le flamboyant » Marc Blondel déjà épinglé pour avoir des secrétaires et des chauffeurs payes par des organismes paritaires gérés… avec le patronat.
Par conséquent on a le sentiment que pour le gouvernement l’enjeu n’est pas sans doute de tout déballer, avec tous les risques de mauvaises odeurs qui pourraient coller à quelques uns, mais c’est de forcer les syndicats à reformer leur financement et la transparence de leur fonctionnement.
Je vous rappelle que les syndicats sont supposes proposer un plan pour le 31 Mars. Au delà de cette date le gouvernement a annonce « qu’il agirait ».
Cela redonne corps à la « théorie du complot » chère à beaucoup.
Christine Lagarde a fait « sortir » l’affaire que ses prédécesseurs avaient scrupuleusement enterrée, car c’était le bon moment pour aider le President a mettre la pression sur les syndicats et faire passer sa reforme de leur financement et de leur representativite..
Pour notre part n’etant pas fanatiques des « conspiracy theory » chères aux américains nous pencherions plutôt sur le fait que Christine Lagarde, qui n’est pas une politique a agit comme une chef d’entreprise du prive qu’elle est, et a simplement traité comme il convenait un dossier qui la choquait.
C’est probablement le point sur lequel l’embarras de Laurence Parisot est le plus évident, et sur lequel sa décision d’enfin bouger depuis trois ou quatre jours est lourde de conséquences.
Car ne nous y trompons pas, c’est peut-être le patronat français qui est en train d’exploser.
C’est la plus grosse adhérente du MEDEF , elle pèse 45 000 entreprises, et prés de 2 millions de personnes.
l’UIMM, c’est EADS, AREVA, les trois constructeurs automobiles nationaux et quelques autres fleurons de l’économie française
C’est un « monument » du patronat français.
Jusqu'à Laurence Parisot, tous les Présidents du MEDEF (auparavant du CNPF) en étaient issus.
Gattaz, Ceyrac, Sellières et d’autres bien avant eux.
L’UIMM c’est l’économie des grandes familles, c’est la « France des forges » du 19eme siècle, c’est a elle toute seule l’histoire du patronat français.
Les us, coutumes et mœurs de ces gens la, sont une illustration grandeur nature de la politique économique de la France de ces 40 dernières années.
D’une certaine façon Laurence Parisot dans son « trop c’est trop » veut faire « sa propre rupture » a elle.
Rupture par rapport a une institution qui comme par hasard n’avait pas soutenu sa candidature, et n’avait pas vote pour elle quand elle a été élue à la tête du MEDEF.
Elle ne s’en cache plus désormais, c’est avec un certain passe et un certain mélange des genres entre politique et syndicalisme qu’elle veut rompre.
Et on sent bien aussi que François Chéreque de la CFDF et quelques autres dirigeants aussi bien cote patronal (CGPME) que cote salarial ont envie de tourner la page avec ce passe trouble et ces méthodes d’un autre âge.
Mais la ou « l’affaire » devient nationale, c’est que c’est loin d’être gagne.
Par opposition a la France des petits patrons (ceux qui font la vraie économie du pouvoir d’achat…si vous voyez ce que je veux dire….) et qui j’en suis certain (car j’en ai fait partie) sont scandalises de ces mœurs d’un autre âge façon « petits arrangements entre amis ».
Vous savez la France des chefs d’Entreprise qui gagne 6000 euros par mois (quand la trésorerie le permet..), qui vont se faire rouler dans la boue par des banquiers imbus d’eux-mêmes, qui « font du client » parce que ca les faits manger, et qui savent ce que c’est qu’une échéance difficile, ou des payes difficiles a assumer a la fin du mois.
Une autre planète pour Gauthier-Sauvagnac et ses copains.
Gauthier – Sauvagnac et ses copains, font de la macro-économie, pas de la tambouille…..
Alors se disent-ils on ne va pas se formaliser plus que cela parce que cette patronne « de petite boite » veut nous donner des leçons de morale…..
En Décembre pour calmer le jeu, Denis Gautier-Sauvagnac avait été « démissionné » de la Présidence de l’UIMM, mais était reste en toute discrétion Délégué General à 21 000 euros par mois……………
Tout cela, tout en étant mis en examen, et chose incroyable sans contrôle judiciaire, ce qui lui permet donc de rencontrer à loisirs « tous les protagonistes de l’affaire »…
Comme ont dit certains de nos lecteurs, Kerviel appréciera………
Dans le même temps il est toujours le représentant du patronat au Conseil Economique et Social (pourquoi donc démissionner que diable ?).
Dans le même temps aussi il achète au nom de l’UIMM un immeuble en plein milieu de Paris pour 10 millions d’euros sans en informer les membres du Bureau qui sont censés gérer la Fédération.
C’est ce culot, ce mépris et ce sentiment d’invulnérabilité hallucinant, qui a exaspéré Laurence Parisot, qui finalement a décidé d’exploser avec une bonne opération de communication.
Il est clair que naturellement l’opinion publique, les medias et la quasi totalité des patrons on l’a vu, sont derrière elle.
Apparemment, DGS et ses copains ont pousse le bouchon un peu loin cette fois ci..
Au sein même de l’organisation en effet certains membres commencent à être exaspérés de ces magouilles perpétuelles.
Il soutient désormais Laurence Parisot.
Michel de Mirville DRH de chez Renault qui est le seul à avoir démissionné de son mandat de l’UNEDIC est soutenu par Carlos Gohn son Président qui commence aussi à être agace et qui a demande « de la transparence ».
L’ambiance était paraît-il électrique entre « ceux qui savent » et « ceux qui découvrent tout dans la presse ».
En fait c’est la querelle des anciens contre les modernes qu’a donc déclenchée Laurence Parisot , et du coup il faut souhaiter qu’elle l’emporte.
Mais l’organisation a refuse de démissionner de ses 101 mandats qu’elle occupe…..
comme lui demandait Laurence Parisot.
101 postes avec secrétaires, chauffeurs et notes de frais.
L’UNEDIC, l’ANPE, les Caisses de Retraite ou le 1 % Logement, c’est tout l’establishment économique de la France que tient l’UIMM et plus encore « le groupe de copains ».
Laurence Parisot aura donc diablement besoin du soutien sans faille du gouvernement,et surtout du Président.
A l’heure ou nous parlons, il n’est pas sur qu’elle l’ait……….
Car l’enjeu c’est aussi de conserver les privilèges et le cumul des mandats.
Cumul des jobs, que l’on exerce à temps partiel, et par délégation, cumul des rémunérations et cumul des cartes de visite.
Et bien., comme les Parlementaires UMP, l’UIMM va se battre pour conserver tout cela.
Alors, espérons que Laurence Parisot ira jusqu’au bout et que le gouvernement comme Claude Bébéar qui vient de rallier les modernes ne se trompera pas de camp.
Auquel cas l’affaire UIMM aura servi a quelque chose.
LES 25 PROPOSITIONS CHOC DE LA COMMISSION ATTALI2) Renforcer les régions et les intercommunalités en faisant progressivement disparaître en 10 ans l'échelon départemental. Le Président Sarkozy s’est déjà déclaré oppose. On le regrette. 3) Réduire le coût du travail pour toutes les entreprises. L’objectif est de supprimer 3 points de cotisations sociales répartis entre une augmentation du salaire net (impact sur le pouvoir d'achat) et une diminution du salaire brut (effet positif attendu sur l'emploi). En contrepartie la CSG sera relevée de 0,6 point et la TVA de 1,2 point Fort interessant. Ce sera une des mesures dont il sera interessant d’observer le suivi…… |
CA NOUS A PLU
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