Partager l'article ! TELES PUBLIQUES SANS PUB? FRANCHEMENT ON NE COMPREND PAS TOUT.: Disons qu’a tout le moins, nous ne comprenons pas très bien la stratégi ...

| Février 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||||||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | ||||
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | ||||
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | ||||
| 27 | 28 | 29 | ||||||||
|
||||||||||
Disons qu’a tout le moins, nous ne comprenons pas très bien la stratégie présidentielle…et encore moins le but poursuivi qui nous paraît……confus..
Lors de sa conférence de presse de la semaine dernière Nicolas Sarkozy a annoncé qu’il était « favorable à une télévision publique sans pub ».
D’abord parce que personne ne lui posait la question sur le sujet, le Président a donc choisi de lui même de faire cette annonce.
Ensuite parce que la raison pour laquelle personne ne lui posait la question, c’est que les journalistes, comme tout le monde en l’espèce, imaginaient sans aucun doute qu’il y avait dans les urgences de la France, des sujets autrement plus importants ā traiter que ce récurrent problème de financement des télévisions publiques dont la France profonde soyons clairs se fout complètement … au regard de leurs préoccupations journalières…
Enfin parce que les solutions alternatives a la situation actuelle, suggérées ou proposées par le Président nous paraissent pour le moins foireuses, en tout cas malsaines, et dénotent un bâclage étonnant.
De surcroit, non seulement les journalistes ont été pris de court, mais aussi le gouvernement.
Le soir même, à la télévision Christine Albanel, la Ministre de la Culture semblait tomber des nues, en reconnaissant « avoir eu quelques conversations avec le Président sur le sujet ».. mais apparemment guère plus.
Rappelons que la pub dans les télévisions publiques a été autorisée justement pour en alléger le financement par les fonds publics.
Traditionnellement les chaines publiques étaient financées par la redevance télé. Tout cela datant de feu l’ORTF.
Le refus de beaucoup d’utilisateurs de payer cet impôt très contesté, avec toutes les tricheries et fausses adresses qui vont avec….., ajouté a l’impossibilité de l’augmenter (elle est déjà de 116 euros…..) sans parler de la gestion très couteuse de sa collecte (comme tous les impôts « spécifiques » en France d’ailleurs……..) étaient les arguments utilises a l’époque pour justifier une décision présentée comme permettant « a la télévision publique d’avoir les moyens de ses ambitions et surtout de concurrencer le prive ».
Petite parenthèse, nous ne pouvons qu’être admiratifs devant la richesse infinie du vocabulaire de nos politiques pour ne pas prononcer le mot sacrilège, le mot IMPOT, Redevance, Contribution, Cotisation, Participation, ils sont intarissables.
Donc pour diminuer ou en tout cas maintenir ce que nous, nous appelons l’impôt télé, on autorise la publicité qui naturellement allait permettre à la télévision publique « d’équilibrer » ses comptes de manière définitive.
Bien entendu le Groupe France Télévision a continue à perdre de l’argent, et est finance chaque année par le contribuable….
Reste que le système actuel coute quand même sensiblement moins cher à la collectivité que du temps de l’ORTF, et sensiblement moins cher que ce qu’il aurait coute si on avait rien fait.
C’est très exactement le montant des recettes publicitaires du Groupe, et donc d’autant moins que l’Etat et le contribuable doivent financer d’une façon ou d’une autre.
Alors qu’est ce qui a pris a Nicolas Sarkozy de se créer un nouveau problème comme si il n’y en avait pas déjà assez ?
Le Président a indique que dans son esprit, ce manque à gagner de recettes ainsi perdues par la télévision publique « serait compense ». Confirme par la ministre et le gouvernement en chœur depuis.
En clair si vous perdez 800 millions d’euros, l’Etat vous trouvera 800 millions autrement.
Premier problème ce n’est pas 800 millions mais 1.2 milliards.
Car les heures de publicité ainsi « dégagées » dans les programmes avec la disparition des écrans pub devront être forcement remplacées par des programmes qui devront être achetés ou produits.
Michel Drucker (dont l’anti- sarkozysme et le gauchisme est bien connu…..…) chiffre le cout a 400 millions.
Deuxième problème, nous voyons mal comment la « compensation » évoquée par Nicolas Sarkozy pourrait provenir des fonds publics puisqu’il avoue lui-même que les « caisses sont vides ».
D’ailleurs il ne songe pas aux fonds publics existants, mais a des fonds générés par une nouvelle taxe.
En l’occurrence une taxe payée par les chaines privées sur les recettes « ainsi accrues » et une taxe payée par les operateurs d’internet et de téléphonie (pour les mêmes raisons).
Pas bête sur le papier mais raisonnement enarquien dans toute sa splendeur, d’une logique macro-économique stupide, qui consiste à dire que si l’on retire 800 millions à France Télévision ils iront naturellement et arithmétiquement se reporter sur les autres chaines
D’abord parce que et c’est le troisième problème, les grandes chaines privées (TF1 et M6) aujourd’hui ont des écrans publicitaires déterminées par leur cahier des charges. Ils ne peuvent pas faire de la publicité comme ils veulent, quand ils veulent.
Aujourd’hui d’ailleurs leur augmentation de revenus publicitaires ne repose pas sur le nombre de secondes vendues mais sur les tarifs pratiqués en fonction de l’audience.
Donc il est tout simplement impossible que TF1 et M6 puissent absorber le temps de publicité ainsi « abandonne » par France Télévisions.
Ils n’ont pour reprendre le terme technique pas « l’espace » disponible.
En revanche ce qu’on peut imaginer, c’est qu’un surcroit de demande les amènent à faire exploser leur s tarifs.
Sans parler bien sur du fait qu’il faudra évidemment engager quelques centaines de fonctionnaires pour gérer et collecter ces nouvelles taxes qui viendront qui plus est encore un peu plus alourdir la comptabilité et l’administration des medias……
Quatrième problème, on ne peut que s’inquiéter des conséquences économiques sur le secteur….
Des entreprises moyennes qui avaient des budgets limites, ou même des stratégies de communication locales, et qui utilisaient par exemple FR3 pour leur pub, n’auront pas forcement l’envie et les moyens de « passer » sur TF1 a des tarifs prohibitifs.
Et quelles seront les conséquences sur les petites boites de prod qui traitent les petits budgets ?
Comme vous pouvez voir le moins qu’on puisse dire c’est que le projet n’a guère été pesé dans tout ses aspects.
Car cerise sur le gâteau et c’est le cinquième et dernier problème, les premières estimations de ces taxes effectuees par quelques experts arrivent a 4 ou 500 millions, très loin donc du 1.2 milliard, et pour arranger le tout, la création de ces nouvelles taxes devra très probablement faire l’objet de l’approbation de Bruxelles.
A part ces légers problèmes, rassurez vous tout va bien…
Conclusion : à ce stade, le moins que l’on puisse dire c’est d’un point de vue politique et économique c’est une idée totalement stupide.
Oui mais j’en entends certains déjà dire, voilà un raisonnement typiquement économique et quid de l’aspect culturel ?
Une télévision qui ne fait pas de publicité n’a pas besoin d’audience, donc elle peut se permettre de faire de la qualité.
« Qualité » définie par nos élites gaucho-trotskystes qui considèrent que tout ce qui est populaire et regarde c’est de la merde, et tout ce qui est vu par 2 % des téléspectateurs est forcement génial…
C’est à se demander comment et pourquoi Sarkozy a pu tomber dans ce travers intellectuel consternant.
Loin de moi l’idée de prétendre que la télévision française (en général) est de qualité. Je vérifie à chaque voyage qu’elle est nulle.
Mais comme aux Etats-Unis (où les chaines généralistes ne sont pas mieux), si il n’y a pas de soupe a la télévision ou si il n’y a pas de la télé réalité, il n’y a pas 24 H, CSI, Prison Break ou Las Vegas.
Alors je sais Lost ou 24 H cela ne vaut pas une émission bien chiante avec trois philosophes barbus qui discutent pendant deux heures de la spiritualité dans la religion.
En attendant une télévision « culturelle » est une télévision qui n’est pas regardée et si elle n’est pas regardée elle est financièrement condamnée.
Ce qui veut dire que dans cette hypothèse la télé publique sera immanquablement remise en cause, comme l’a été l’ORTF… et qu’un jour un gouvernement un peu plus courageux que les autres …la privatisera.
Quitte à « rompre » avec un système défaillant pourquoi Sarkozy ne s’est-il pas interroge plutôt sur la gestion des télés publiques ?
Ne parlons pas du phénoménal TV5 que nous avons l’immense « chance » de regarder tous les jours et qui chaque jour est un peu plus consternant… (en ce moment le moment fort c’est Fantômas avec Louis de Funès et Jean Marais…..).
Ne faudrait-il pas que la télé publique se penche sur le câble quitte à créer des chaines ciblées et pourquoi pas justement « culturelles » ?
Sarkozy aurait mieux fait de s’interroger aussi sur les raisons pour lesquelles 15% des français seulement ont le câble. ?
Alors plutôt que de se créer des faux problèmes en tentant de les résoudre avec de fausses solutions, au prétexte foireux de fausses ambitions culturelles, le Président nous aurait semblé mieux inspiré de se poser les bonnes questions.
Pour faire plaisir a son copain Bouygues ? Comme l’accuse déjà le PS.
Pour faire un flot d’annonces et prendre par surprise 600 journalistes qui ne rêvaient que de parler (et qui n’ont rien dit…) du pouvoir d’achat ?
Pour se donner une image « culturelle » et coincer encore un peu plus un Parti Socialiste qui n’arrive plus à penser ?
Pour faire un coup médiatique tout simplement ? En faisant diversion et en jetant à la presse un os à ronger dont il sait qu’ils sont friands ?
Franchement convenez avec nous que ce ne sont que des mauvaises raisons et même de très mauvaises raisons.
Il faut croire qu’il a encore du temps de libre………… ou des conseillers qui ont besoin de justifier leurs honoraires.
LES 25 PROPOSITIONS CHOC DE LA COMMISSION ATTALI2) Renforcer les régions et les intercommunalités en faisant progressivement disparaître en 10 ans l'échelon départemental. Le Président Sarkozy s’est déjà déclaré oppose. On le regrette. 3) Réduire le coût du travail pour toutes les entreprises. L’objectif est de supprimer 3 points de cotisations sociales répartis entre une augmentation du salaire net (impact sur le pouvoir d'achat) et une diminution du salaire brut (effet positif attendu sur l'emploi). En contrepartie la CSG sera relevée de 0,6 point et la TVA de 1,2 point Fort interessant. Ce sera une des mesures dont il sera interessant d’observer le suivi…… |
CA NOUS A PLU
|
-