Le jugement dans l’Affaire Kerviel est tombé. Le moins que l’on puisse dire c’est que la justice en tant qu’institution n’en sort pas grandie.
5 ans de prison dont 3 fermes et la somme faramineuse de 4,9 milliards d’euros de condamnation à payer a la Société Générale.
Jugement qui a surpris tout le monde car il suit rigoureusement les réquisitions de l’Avocat General qui avait pourtant été à l’époque très critiqué, car dans ses motivations il exonérait totalement la banque de toute responsabilité.
Ce que n’importe qui, doté d’un minimum de bon sens avait en effet du mal à croire.
C’est pourtant la position qu’a retenue la Cour.
« Absurde et déraisonnable » ont tonné les avocats de Kerviel, effectivement c’est un euphémisme.
Ce jugement signifie effectivement qu’aux yeux de la Cour le jeune trader de la Société Générale est le seul coupable de « l’accident industriel » de la banque en Janvier 2008, et que la banque n’y a aucune responsabilité.
Un peu fort de café et pour tout dire pas très sérieux.
Car si Kerviel n’a jamais nié sa culpabilité en reconnaissant « avoir perdu le sens des réalités », il a toujours affirmé que sa hiérarchie était tout a fait au courant de ses agissements et qu’elle « l’avait même encouragé », notamment au vu des profits considérables (1,4 milliards) qu’il avait réalisé.
Cette opinion était d’ailleurs largement corroborée par Nicolas Sarkozy lui-même qui en Janvier 2008, pointait « les manquements de la hiérarchie », et vise particulièrement Daniel Bouton, alors président de la banque.
"Je n'aime pas porter un jugement personnel contre les gens, surtout quand ils sont dans la difficulté, mais on est dans un système où, quand on gagne une forte rémunération, qui est sans doute légitime, et qu'il y a un fort problème, on ne peut s'exonérer de ses responsabilités", déclarait le chef de l'Etat.
Daniel Bouton finit par démissionner, quinze mois plus tard, apres avoir été mis dans un premier temps sur la touche.
Pire le 23 mai de la même année, un rapport d'audit enfonçait le clou, en évoquant un "environnement général" ayant conduit à des "dépassements fréquents de limites de risque" dans le service de Jérôme Kerviel.
Le Rapport sans équivoque sur le fonctionnement de la banque précisait même que "La fraude a été facilitée ou sa détection retardée par les faiblesses de la supervision du trader et du dispositif de contrôle des activités de marché".
Extrêmement précis, le rapport, mettait même en cause l'ensemble de la hiérarchie, "défaillante dans la supervision de ses activités", et plus particulièrement le "superviseur immédiat" de Jérôme Kerviel sur le desk Delta One, qui "manquait d'expérience du trading et n'a pas été suffisamment encadré" et "a fait preuve d'une tolérance inappropriée à la prise de positions" du trader.
Le superviseur en question, Eric Cordelle, est finalement licencié.
Le 4 juillet 2008, la Commission bancaire va même jusqu'à infliger un blâme et une amende de quatre millions d'euros à la Société Générale pour des "carences graves du système de contrôle interne".
Au point que dans les mois qui ont suivi toute la Direction de la banque est partie, les têtes sont donc tombées.
Alors que 2 ans plus tard la justice ne retienne, elle, que le "sang-froid permanent" et le "cynisme des agissements" de l'ancien trader ne peut du coup que surprendre.
Par voie de consequence la justice qui comme chacun sait souffre d’un déficit d’image aux yeux des français ne va pas avec une telle décision contribuer à l’améliorer.
La sanction est très lourde et les responsabilités collectives totalement ignorées.
Quant a l’amende, elle est idiote et absurde puisque chacun sait que Kerviel ne la paiera jamais.
Pas même le premier dollar.
De surcroit ce jugement permet un appel, et n’est donc pas applicable dans l’immédiat. A croire d’ailleurs qu’il a été fait pour cela, ce qui rend son exemplarité quasi nulle.
Ca fait beaucoup.
La Société Générale sort indiscutablement la grande gagnante de ce que je ne peux que qualifier de farce…, espérons que les connections maçonniques ou pas des banques avec la justice n’y sont pour rien.
Espérons…..
Dernier point qu’avec notre esprit mal tourné nous nous étonnons de n’avoir pas lu dans la presse, le fait que la responsabilité de la banque ne soit pas engagée lui permet de déduire fiscalement la perte de 4.9 milliards.
Dans le cas contraire ce ne serait pas le cas. Une petite « subtilité » de 1.5 milliards d’euros environ……a laquelle l’Etat pourrait réfléchir.
Mais il est vrai que Bon Appétit Messieurs a l’esprit mal tourné…
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